samedi 21 février 2009

Soutien


soutien aux guadouloupéens , à leurs revendications, à leur soif de dignité, à leur volonté devant laquelle la nôtre est bien mièvre, à leur résistance, à leur souffle qui court sur l'échine de nos esprits courbés.
pourquoi a-t-il fallu un mois pour qu'on veuille bien dans les grands médias, dans les hautes sphères mais aussi dans nos lamenti quotidiens s'apercevoir qu'un département français, peuplé de concitoyens, de frères de patrie et par là nos voisins, nos amis, nos compagnons de lutte et de d'espoir, tirait sur la sonnette d'alarme sans détourner le regard de la radicalité qui s'imposait à eux.

grand bien nous fasse d'être éclairés par de tels défricheurs de conscience, car parfois nous ne les méritons pas.


" Ile-désert
ailes amerries
pour ascendance
quatre continents pour se créer une île
trois âmes caraïbes
blancheur sauvage
ébène saigné
poudrée colombo
la peau plus neuve de mémoire nue
Ici
les résidents semblent de passage
la foule désertée
la servitude splendide
le paysage plus essentiel que le pays
terreau d'excès d'abus
de révoltes fauchées de récoltes sans semer
de persiennes trop étroites de sèves effeuillées
le destin bien caché derrière le fatalisme

Mais la noirceur lucide du soleil
en bouclier d'écorces protège nos chairs à vie
esclaves en surface
nous avons gagné la profondeur
la cale et les grands-fonds où s'ancrent les dérives
trop neuves pour le bonheur nos musiques improvisent
sauvant l'amour même sans le partager
gardant le rythme même sans tambours
le Carême démasque les cendres d'hivernage
en réserves de rires pour l'avenir blessé

et les îles émergent en filles-caraïbes
la clé de l'une entre les mains de l'autre
le soleil battant fier sous la dentelle des coeurs

Sorcières et sourciers
sans source ni boussoles
nous avons enraciné
l'illégale plantation de nos coeurs légitimes
en flèches de canne dressées contre les balles de coton
à coups de soleils contre le mal bien fait

Nous avons recouvert l'Amérique
déshabillé les conquérants
domestiqué le déracinement
nous avons inventé la révolte sans le ressentiment
la patience volcanique
la puissance sans pouvoir le marronnage sans chiens
nous avons même accepté de paraître accepter

et
par nature sans faune sauvage
nous cultivons à coeur le colibri
pour édifier au monde son nid fragile et sûr:

les Antilles
îles battues
îles combattues

très belles

et

BATIES."

"natales" daniel maximin

pour ne pas oublier et pour voir venir :

http://www.acrimed.org/article3083.html
http://karpov.over-blog.net/article-27993476.html
http://www.bakchich.info/VRP-De-La-Maison-Kozy.html

mercredi 31 décembre 2008

En 2009 tout a déjà un (dé)goût de 2008



Aujourd'hui, Ertugrul Yilmaz a été expulsé.

Nous étions une quinzaine de militants du RESF 13 à l'aéroport ce matin dès 6h pour tenter d'empêcher l'expulsion d'Yilmaz. Nous n'avons pas réussi. A aucun moment nous n'avons vu Yilmaz. Nous n'avons pas vu non plus les policiers enregistrer son billet au comptoir. Ils ont dit qu'il était bien prévu sur ce vol. Les passagers ont été informés. La PAF nous a confirmé après le décollage de l'avion qu'Yilmaz était parti.


Je suis très triste et vraiment écoeurée, Yilmaz m'a toujours dit qu'il refuserait l'embarquement, je ne sais pas ce qui s'est passé pour qu'il n'ait pas pu le faire. Il a dû arriver très tôt dans l'avion car on ne l'a vu du tout, on a vu en revanche des policiers en descendre.


Il était prévu qu'il transite par Paris. Il devait prendre le vol de 10h10 arriver à Istanbul à 14h. Nous ne savons pas s'il a pu refuser l'embarquement à ce moment-là. J'ai appelé sa famille à Bordeaux, qui essaie d'envoyer du monde à l'aéroport d'Istanbul où Yilmaz arriverait à 14h.


Il est impossible de le localiser actuellement (il est 14h30 au moment où j'écris). C'est toujours comme ça : la PAF (police de l'air et des frontières) ne répond pas. Sauf parfois aux avocats, ou aux parlementaires. Est-ce normal de ne pas pouvoir savoir où se trouve un homme qu'on expulse ? S'il est parvenu à refuser l'embarquement, il doit être en garde à vue. Je ne sais pas, sa famille ne sait pas où il est en ce moment, on doit attendre. Sa femme ne l'a plus vu depuis des mois, puisqu'il était en prison pour grève de la faim, qui avait été considéré comme un refus d'embarquement.


Depuis le départ de l'aéroport je suis effondrée, en larmes. Je tremble, je suis prise de spasmes, je n'arrive pas à me calmer. Je culpabilise, je me dis que j'aurais dû faire plus pour lui. Je ne comprends pas ce qui se passe. Il a vécu tellement de drames déjà. Sa femme a été violée, a dû fuir la Turquie, sa demande d'asile a été rejetée (alors que des membres de sa famille à Bordeaux ont l'asile politique), il a dû vivre caché, il a fait des grèves de la faim, il a fait deux mois de prison pour ça, il a été isolé et transféré de Bordeaux à Marseille pour être privé de ses soutiens et de sa famille, et ce matin il a encore subi cette violence de l'expulsion. Mais pourquoi a-t-il subi tout ça ? Pour satisfaire des quotas ?


Je lui ai souvent rendu visite au centre de rétention, presque tous les jours depuis son arrivée à Marseille le 19 décembre. C'est un garçon très courageux, très gentil, toujours souriant. Il ne parlait pas très bien français, mais on communiquait quand même, il me disait qu'il en avait marre d'avoir toujours des problèmes, de ne pas être libre. Il ne comprenait pas pourquoi sa vie était gâchée pour des papiers. Il disait qu'il n'était ni voleur ni méchant. Qu'il voulait juste vivre avec sa femme, sa famille, continuer son métier de carreleur. On rigolait beaucoup aussi, pour des choses idiotes. Un jour il m'a raconté comment c'était la prison de Gradignan, comment en rentrant des douches il avait découvert son compagnon de cellule pendu. Il avait besoin de parler. Il est doux, un peu espiègle, assez grand, mince, il a des yeux verts.


Vous pouvez être fiers de vous, messieurs les préfets, messieurs les policiers. Vous avez brisé un homme et sa famille. C'est ce que m'a dit ce matin un agent de la PAF : il est fier de ce qu'il fait, de porter son uniforme, il a choisi de faire ça. Vous pouvez être fiers, messieurs les députés qui ont voté les lois qui permettent ça. Vous aussi, messieurs et mesdames du gouvernement, le chiffre des expulsions est monté aujourd'hui.

Moi je suis effrayée, consternée, triste, horrifiée.


Olivia Lemoine, professeur à Marseille

samedi 22 novembre 2008

Est-ce que t'entends ce que je vois?


les images nous vampirisent.
pas celles du grand cinéma. ou des musées, des expos, des galeries.des livres. des souvenirs, des albums de famille. non.
je parle de celles diffusées au quotidien.
on dirait un grand abreuvoir.
nous venons par troupeaux nous y mirer. puis nous baigner dans cette fange et bien sûr nous croyons nous y désaltérer.cette insipidité d'une eau de boudin chargée d'éléments nocifs abrités derrière un vague goût de sucre nous remplit le cerveau qui grossit telle une outre.
cette orgie visuelle nous rend aveugles.
les autres sens sont par-là même anesthésiés.

alors quand un espace sonore trublionne dans le grand bazar acoustique il faut savoir s'y abandonner pour retrouver des sensations presque oubliées.
le lien s'appelle : "est ce que t'entends que je vois ? ".
sons, reportages, bidouillages, parcours auditifs, poétique auriculaire...c'est stimulant.
on peut aussi soi-même faire son patchwork en laissant démarrer plusieurs bandes à la fois.
j'ai testé ainsi le muezzin dans la casserole des carottes à la vapeur posée au milieu de la cuisine où le chien aboie.
les acuités poétiques sont à développer.
"est-ce que t'entends ce que je vois ? " débroussaille ce chemin. mais sans brusquerie, juste en écartant les mûriers et les ronces pour ne pas effrayer les roitelets qui pourraient y nicher.
et comme cela nous permettre de surprendre leur "trino" *.
chut.

* : trille. c'est plus serein et jouissif en espingoin. non ?

mercredi 19 novembre 2008

Merde, mon soufflé !

bon ,maintenant que le soufflé à la crème d'esbrouffe est retombé. qu'on sait que les conmensaux furent peu nombreux malgré le rabattage compulsif des éternels aboyeurs de service des meilleurs guides des cuisines de copinages. après quelques apparitions christiques , surtout d'un des deux larrons , chez quelques propriétaires de tuyaux à mouise appelée médias audiovisuels, on peut lire tranquillement le bilan de la recette béchamellébecq rédigé sur un coin de nappe par de vrais connaisseurs des lourdeurs de la mauvaise pitance bourgeoise : acrimed.

c'est par là.

http://www.acrimed.org/article3005.html

on peut rôter délicatement en fin de lecture.
c'est à la fois irrespectueux et traditionnel.
ça me plaît.


faudrait porter une charlotte sinon va y avoir des cheveux dans le potage, beñat.


tss, tss, les clients se plaignent de trouver un goût de cendre à vos patés, don miguel.

mercredi 5 novembre 2008

To Mr John Lewis



aujourd'hui je voudrais prendre dans mes bras Mr Lewis.

pourquoi ?

parce qu'après la victoire d’Obama hier soir, Mr Lewis a déclaré sur la chaîne NBC :
« Je ne pensais jamais voir ce jour de mon vivant » ?

assurément.

mais pourquoi lui et pas les millions d'autres qui ont du prononcer cette phrase ?

parce que John Lewis, un membre du Congrès de l’Etat de Géorgie, est le dernier survivant des leaders noirs historiques qui, avec le Dr. King, ont organisé la célèbre Marche des blacks sur Washington pour leurs droits civiques en 1963, cette même marche au cours de laquelle Martin Luther King a prononcé son fameux discours « I Have a Dream ». Lewis, un héros bien-aimé de tous, avait été battu presque à mort en 1961 lors d’une manifestation paisible par la police raciste de Selma, en Alabama, pendant que les agents fédéraux du FBI restaient à l’écart en train de prendre des notes.
(copié/collé d'une depêche du monde)

voilà pourquoi.

dear Jhon, i don't know you but today i think of you.

lundi 3 novembre 2008

je reprendrais bien un peu de ton cake au lordon, il est fameux


la crise. ouais, bof, ouaf.

pourquoi s'attarder sur cet écran de fumée ?

je dis "ça" en me référant à la plupart des propos entendus ou lus ci et là et qui fatiguent, parce que ceux qui n'y comprenaient rien il y a 6 mois, un an , dix ans,de tout temps quoi, à toute cette nébuleuse (les économistes patentés des journaux, les experts ripolinés de la télé, les charlatans et les laquais de tous poils) mais nous expliquaient que le "ça" du marché irrémédiable et puissant était positif, rebondissant, lumineux, bénéfique, régulé, innovant, croissant... viennent pérorer qu'ils s'étaient trompés mais pas pour les raisons qu'on croit et que d'ailleurs il pensent qu'il faut...(conyaka disait ma grand-mère).

puerta, ya.

je dis "ça" surtout parce que les préfectures intensifient la mise en place d'actions de "cueillette" des enfants de sans -papiers et, par là-même, de leurs parents, en passant par le biais de l'école ou des centres de loisirs, ajoutant au cynisme, l'hypocrisie et la banalisation.
pitoyable manière d'utiliser les institutions qui n'ont aucunement pour mission de favoriser le travail de répression de l'état voulant appliquer ses lois (même si je combats la loi qui transforme en délit le fait de n'avoir pas de papiers d'identité, c'est la loi)mais ont le devoir de donner aux enfants un accés à des droits universels et pour lequel la france s'est engagée en signant des accords internationaux (elle se torche avec ça c'est sûr, donc, mais avec la présomption d'innocence et les directives européennes qui l'accompagnent aussi ).

le seul "côté" qui intéresse donc les pouvoirs publics c'est que l'école et les CLSH regroupent des enfants à un endroit connu de tous et à des instants t décents et encadrés. c'est plus facile, merci bien.

que peut faire alors un chef d'établissement, une communauté éducative, face à ces demandes d'indication de savoir où se trouvent l'enfant x ou y afin de procéder à des contrôles voire à des arrestations de leurs parents ?
la réponse est là :

http://www.educationsansfrontieres.org/?article747

mais la crise, alors ?

niurf, broinf, me cago en la p... leche.

mais je peux vous conseiller d'écouter ce podcast d'une émission de france culture dont l'invité principal était ce matin frédéric lordon ( auteur d'un bon article dans le monde diplomatque sur la façon dont les médias se laissent contrôler par une petite troupe d'experts issus tous, absolument tous, du même moule...à gauffres ).

le feu aux fesses qui flamboie aujourd'hui fait que certains ont les doigts qui roussissent ( sous prétexte que chacun est libre de mettre ses doigts où il veut )alors ils les emploient maintenant à porter les sauts percés qui vont peut-être leur permettre de trouver de l'eau dans d'autres puits que ceux de la doxa libérale ( qui ne sait plus ce que veut dire ce mot, qui a tout oublié des préceptes et des exemples de penseurs tel que thomas paine . l'important c'est d'avoir une "marque". peu importe l'histoire et les obligations morales qu'elle implique. fatras d'inconséquence ).

donc, le lordon. un vrai cake je vous dis . on l'écoute là :

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/economie/index.php?emission_id=28

jeudi 16 octobre 2008

Acrimed où ça fait mal et c'est bon



voilà une des raisons qui font que je ne regarde plus jamais la grand messe télévisée dite aussi communément "journal" de 13 ou de 20 heures depuis pffuuii... la naissance de monsieur paul (le chauffeur de lady di, pour les amnésiques ou les anachorètes).
le site d'acrimed nous décortique comment hanna a plaqué gustav aux caraïbes pour s'envoyer en l'air avec pujadas en inde parce que la nouvelle-orléans c'est trop vraiment has been. du galastrophe et du catavoici en prime time.
heureusement la crise...rabibocha tous les guys de l'infotage de gueule.
c'est bô le XXI°siècle.